Les peintures murales de Saint-Martin

En 1974, des peintures murales ont été partiellement mises au jour dans le chœur de l’église Saint-Martin. Depuis, elles étaient restées sans protection et se sont dégradées sous les effets conjugués de la poussière, de la lumière et des écarts de température.

En 2014, une étude a confirmé que ces décors appartenaient à la seconde moitié du XVe siècle et présentaient un intérêt majeur, en dépit de leur importante altération. Quelques éléments du XIXe ont été dégagés.

En 2015, la mairie et CRVB ont obtenu le classement du chœur à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, et ont lancé un appel au mécénat populaire pour financer la restauration de ces fresques, témoignage unique de la piété des hommes et de l’art du Moyen Age.

La voûte sur croisée d’ogives et les murs latéraux sont ornés de peintures a tempera répondant aux thèmes habituels de la dévotion de la fin du Moyen Age : jugement dernier, Tétramorphe, Annonciation, scènes tirées de la vie des Saints.

La restauration d’octobre 2017

Confiée à la Sarl Dominique LUQUET, la restauration a été réalisée durant tout le mois d’octobre 2017 par une équipe entièrement féminine : Dominique LUQUET et Laurence BLONDAUX, conservatrices-restauratrices de peintures murales, ainsi que Marion BOURRET, peintre en décor du patrimoine. Deux autres restauratrices les ont rejointes durant quelques jours.

Le travail a consisté à terminer le dégagement des peintures en ôtant le badigeon gris qui les recouvrait entièrement en 1974. Puis il a fallu gommer la poussière et les sédiments qui s’y étaient déposés et, en accord  avec la DRAC, procéder à de légers ajouts de pigments dans le but d’assurer une meilleure lisibilité de certaines scènes, en particulier le Jugement dernier.

Ce travail méticuleux, souvent conforté, le soir, par de longues consultations (livres, internet), a permis aux restauratrices d’identifier plusieurs saints dont on ignorait jusqu’alors la présence dans l’église de Bouxières : Ste Barbe (et sa tour), St Clément de Metz (et le Graoully !), St Gall, St Florentin, St Georges (avec le dragon et la princesse …), etc.

Enfin, le mur chevet, que l’on croyait reconstruit au dix-neuvième, porte encore le décor du XVè derrière deux strates d’enduits !
Son dégagement n’étant pas prévu dans cette tranche de travail, le sondage a été fermé par un enduit de chaux, et le mur recouvert d’un enduit à l’eau et d’une peinture acrylique.

Conclusion

Dominique Luquet conclut ainsi son compte-rendu de restauration :

Les peintures murales de l’église Saint Martin ont retrouvé une luminosité, un éclat qui avait disparu derrière la poussière et les toiles d’araignées.
Le complément de dégagement nous a permis de retrouver l’ensemble du programme iconographique, programme riche et complexe.

Il subsiste de nombreuses interrogations sur l’interprétation et l’historique de ce décor. Ces questions verront, peut-être, leurs réponses le jour où le mur Est sera dégagé de ses enduits contemporains …
Quel décor nous dévoilera le mur chevet ?
Que reste-il derrière les boiseries des enduits peints médiévaux ?

 

DIAPORAMA

 

 

 

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